Le triangle dramatique de KARPMAN : Persécuteur, Victime, Sauveur !


Le triangle dramatique de KARPMAN : Persécuteur, Victime, Sauveur !

Vous connaissez probablement une personne qui ne peut s’empêcher de faire de petites réflexions désagréables et qui manque de bienveillance. Cette personne ne vous cible pas mais vous constatez que les membres de votre équipe subissent ces agissements et restent muets. C’est pourquoi, vous avez décidé de prendre les choses en main en vous confrontant à cet individu néfaste.

Nous venons d’illustrer là une situation possible du fameux triangle dramatique de KARPMAN. Connaître le fonctionnement de ce triangle vous permettra d’améliorer les performances de votre entreprise !

1. Qu’est-ce que le triangle dramatique de KARPMAN ?

1. Définition du triangle de KARPMAN

Le modèle du triangle dramatique a été établi par le psychothérapeute Stephen KARPMAN au cours des années 1960. Son objectif était d’étudier les relations entre les individus. Ce triangle met en lumière les interactions psychologiques qui existent entre les personnes lorsqu’elles sont en relation. 

En analyse transactionnelle, le but est de caractériser la manière dont les individus réalisent des “transactions” entre eux. Une transaction est un échange entre deux individus sur un plan relationnel et psychologique.

Ainsi, KARPMAN a identifié trois rôles pouvant être joués par les individus au cours d’une relation.

2. Persécuteur, victime, sauveur

Les trois rôles identifiés par KARPMAN dans un jeu psychologique sont : le Persécuteur, la Victime et le Sauveur

Donnons quelques exemples pour mieux comprendre : 

  • Le Persécuteur : Cette personne va chercher à blesser les autres. Elle sera désagréable et offensante avec les individus les plus fragiles notamment. Elle va chercher à contrôler, menacer, critiquer, juger ou encore sermonner. Le persécuteur croit mieux savoir que les autres et cherche toujours à avoir raison. Il se considère comme plus intelligent et a tendance à pointer du doigt des choses peu importantes ou de petits détails

NB : Nous appelons souvent à tort un persécuteur, un pervers narcissique. Or, si un pervers narcissique jouera généralement le rôle de persécuteur, l’inverse n’est pas systématique. La perversion narcissique est une maladie spécifique nécessitant un accompagnement par des professionnels du corps médical.

  • La Victime : Elle est confrontée aux agissements du persécuteur et ses agressions l’atteignent personnellement. En effet, vous pouvez faire face à un Persécuteur et ne pas être affecté par ses agissements. Dans ce cas, vous ne jouez pas le rôle de victime. En occupant ce rôle, vous “autorisez” le persécuteur à être dans le sien. D’où le fait que la personne qui joue le rôle de victime puisse ressentir de la culpabilité.

NB : Nous disons bien “jouer le rôle de victime” et non “être victime”. En effet, il ne s’agit pas de stigmatiser et figer des statuts. En réalité, ces positions évoluent et ne caractérisent pas une personne. Nous ne jouons pas le rôle de victime à vie, ni les autres rôles. Alors, soyez vigilant à ne pas tomber dans le jugement.

  • Le Sauveur : Il va, quant à lui, se mettre entre la victime et le persécuteur. Il subira alors la persécution (recevant les agressions) et sera victime à son tour (par sacrifice). En réalité, il ne mène aucune action concrète et place la « victime » dans une forme d’inhibition, une incapacité à agir. La situation s’inverse alors. En représailles, le sauveur peut, éventuellement, devenir persécuteur et le persécuteur se retrouver victime.

NB : Bien que la position de « sauveur » soit valorisante, elle n’a, en fait, rien d’une position favorable ou « héroïque ». 

En définitive, il n’y a pas de situation privilégiée ou souhaitable. Se trouver dans un triangle de KARPMAN n’est pas une bonne chose quel que soit le rôle. Les entreprises dans lesquelles des situations de KARPMAN sont identifiées, sont des entreprises dont le niveau de bien-être et de performance est, en général, faible.

De surcroît, ces rôles peuvent être joués à différents degrés. Enfin, bien que les exemples ne parlent que de deux ou trois personnes, ces trois rôles peuvent être joués par des groupes d’individus. En somme, plus la situation perdure, plus elle impacte votre entreprise.

2. Deux exemples fréquents en entreprise

Même si l’environnement n’est pas l’unique cause de la création d’un triangle de KARPMAN, il a une part importante dans sa réalisation. En effet, un environnement de stress augmente les chances de voir apparaître un triangle dramatique. En outre, les individus se sentiront légitimes à agir comme ils le font si le système ne pose pas de limites.

Ainsi, si vous souhaitez garantir la performance de votre entreprise en évitant le triangle de KARPMAN,  attelez-vous à mettre en place un environnement bienveillant dont les relations professionnelles sont fondées sur les faits et l’affirmation de soi positive.

1. Le chef dans le rôle de persécuteur

Quelles caractéristiques ?

    • Confusion entre jugements (émotions) et observations (faits).
    • Communication incisive et acerbe qu’il pense franche et authentique.
    • Des objectifs confus et peu S.M.A.R.T.
    • Niveau d’exigence élevé et niveau d’empathie faible.
    • Confusion entre autorité et intransigeance avec rigueur et fermeté.

Ex : “Je suis dur avec vous mais c’est pour votre bien”. Dans cet exemple, il est question de jugement (être dur avec), de moralité (pour votre bien) et de culpabilité. Cette phrase est une justification d’un comportement que la personne sait incorrect. Il ne s’agit pas de réel développement professionnel. 

Pour apprendre à mieux communiquer, contactez-nous.

2. Un collaborateur dans le rôle de persécuteur

Quelles caractéristiques ?

    • Tatillon : Il accorde de l’importance aux détails non significatifs. Il a besoin de donner son avis et de commenter.
    • “La critique est facile, l’art est difficile.” : Il critique sans proposer de solutions.
    • Générateur de clivages : Il oriente ses attaques sur une personne ou une partie de l’équipe. Par peur, les autres suivent voire soutiennent le persécuteur.
    • Communication agressive fondée principalement sur la forme et non sur le fond : “Celui qui parle le plus fort à raison”.  

Nous insistons sur le fait qu’il s’agisse bien de jeux de rôles. Bien souvent, la personne n’est pas persécutrice en son âme et conscience. En effet, son attitude est, en général, une attitude défensive répondant à un stress interne ou externe, se traduisant par de l’agressivité

Il ne faut pas imaginer le persécuteur comme une mauvaise personne, ce n’est pas nécessairement le cas. Par ailleurs, ce rôle se joue principalement de manière inconsciente. En outre, le rôle de persécuteur peut se jouer à différents degrés : du simple commentaire léger mais régulier au commentaire gênant et blessant en allant jusqu’au harcèlement moral, psychologique ou physique. Enfin, n’oubliez pas que les rôles ne sont jamais figés, en réalité, ils permutent. 

3. Rôle du leader pour sortir du triangle dramatique de KARPMAN

1. Identification et analyse : le rôle du leader

En entreprise le rôle du leader est déterminant. Si vous souhaitez éviter le schéma décrit par KARPMAN, la première chose à faire est d’identifier la situation dramatique avant qu’elle ne débute. De ce fait, vous pourrez y mettre un terme avant qu’elle n’envenime les relations de travail. Pour évaluer votre situation, vous pourrez vous inspirer de l’échelle ci-dessous. Toutefois, nous vous conseillons de vous faire aider de professionnels si vous souhaitez un regard impartial sur votre situation, il en va de la pérennité de votre entreprise !

Echelle des situations :

    1. Pas de stress, bien-être des équipes élevé.
    2. Peu de stress, quelques comportements agressifs.
    3. Un malaise s’installe au sein de l’équipe. La situation est inconfortable. 
    4. Un membre joue un rôle du triangle dramatique. 
    5. Le triangle dramatique est installé.

Alors comment sortir de cette situation ? Rassurez-vous il existe des solutions.

2. Analyse transactionnelle : Parent-Enfant, Adulte-Adulte

Eric BERNE, psychiatre et fondateur de l’analyse transactionnelle évoque trois états possibles de l’égo : Parent, Adulte, Enfant. Le triangle de KARPMAN se joue lorsque les personnes agissent avec leur égo “Parent” ou “Enfant”. 

L’échange est donc fondé sur une relation “Parent-Enfant” et non “Adulte-Adulte”. Ainsi pour sortir du triangle de KARPMAN, vous devrez former vos équipes afin qu’elles agissent selon leur égo “Adulte”. Il s’agit là d’une véritable conduite du changement complexe à mettre en place dans une entreprise. Votre équipe doit passer d’un mode de fonctionnement fondé sur les émotions à un fonctionnement fondé sur les faits.

Brièvement, voici comment sortir des trois rôles :

  • Persécuteur : Excusez-vous.
  • Victime : Affirmez-vous.
  • Sauveur : Retirez-vous en reconnaissant la capacité de l’autre à s’affirmer.

Le sujet est vaste et complexe. Dès lors, mettre en place un environnement propice au bien-être et au développement personnel et professionnel dans son entreprise n’est pas une chose évidente. Cependant, les entreprises les plus performantes sont celles qui ont réussi dans cette voie-là. Alors, si vous souhaitez que votre entreprise soit pérenne ou que vos équipes soient responsables et autonomes afin de réaliser des performances supérieures, contactez-nous.

Gary-Alban MARAVILHA
Cofondateur de GMK Conseil

Source : The Karpman drama triangle explained, Chris WEST.

Gary-Alban MARAVILHA

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